Pacte Finance-Climat à l’UNESCO

Le 15 mars 2018, le Collectif Pacte Finance-Climat (Climat 2020), qui est soutenu notamment par Nouvelle Donne et que notre Comité local a rejoint à son tour, a provoqué une rencontre internationale à la Maison de l’UNESCO (Paris). Il s’agissait à la fois de présenter le projet du Collectif, de faire se rencontrer des personnalités issues de mouvements, de philosophies, de pensées économiques diverses, voire divergentes sur nombre de sujets, mais qui ont accepté de se retrouver sur la nécessité d’agir collectivement sur la transition énergétique.

Petite rétrospective des interventions – dont certaines brillantes – venues de tous bords :

  • le Togolais Kako Nubukpo : « Nous aurons 600 millions de jeunes travailleurs africains dans 20 ans » ;
  • l’Anglais Denis McShane : « Il faut du consensus, certes, mais attention une loi est plus importante qu’un sermon » ;
  • Manuela Carmena, maire de Madrid : « Nous, les villes, détenons le plus de leviers pour réduire le carbone mais il faut les financements » ;
  • Jean-Marc Ayrault : « Ce serait un évènement mondial que le prochain sommet marque une priorité claire au traitement du chaos climatique, mais nous sommes trop habitués aux demi-mesures » ;
  • Laurence Parisot (Medef)  : « On n’a jamais eu autant besoin des scientifiques » ;
  • un député de l’Isère insiste sur le point de convergence qu’est le climat entre les problèmes de santé, de sécurité, d’économie, d’emploi, d’agriculture et biodiversité, de bâti et de mode de vie : « En une décision on touche à tous les secteurs de la politique, y compris gouvernance et justice » ;
  • le responsable de l’ADEME clarifie les chiffrages en création d’emplois ;
  • Mireille Martini de FinanceWatch : « Il faut faire aussi bien que le plan chinois « belt and road project » » ;
  • Manuel Domergue, le représentant de la Fondation Abbé-Pierre : « Les passoires énergétiques coutent très cher en santé » ;
  • Pascal Canfin défend un prix plancher à la tonne de carbone, le besoin de mécanismes de garantie pour les expérimentateurs énergétiques ;
  • Olivier Prigent, représentant de la Cour des Comptes européenne, présente un calcul précis du besoin de 1115 milliards d’euros par an pour financer la transition.

Des conclusions clairvoyantes de ces journées ont été présentées par Anne Hessel, Miguel Moratinos et Nicolas Hulot. Ce dernier craint l’inertie de nos systèmes ; il demande la mise en œuvre de la Taxe sur les Transactions Financières, promise depuis si longtemps. Le plan Climat sera, selon lui, le levier pour raccorder les citoyens avec l’Union européenne. Miguel Moratinos, lui, a cité Stephen Hawking : « L’intelligence, c’est l’habileté à s’adapter au changement. » Après avoir défendu l’idée d’un accord démocratique via un référendum européen, il a souligné le danger de la montée des populismes : il faut créer un récit commun nouveau et flécher la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre comme nouvel espoir commun en Europe.

Vous retrouverez quelques-unes de ces interventions en vidéo dans ce lien.

Nouvelle Donne Gironde continue d’appeler à signer l’appel pour un Pacte Finance-Climat sur le site dédié. Merci de le faire connaître autour de vous ! Il est dorénavant en 8 langues, alors profitez de la force d’internet pour que sa diffusion soit continentale !

Localement, nous soutenons le Collectif Pacte Finance-Climat/Gironde qui a depuis quelques jours sa page Facebook. Réservez dès maintenant votre soirée du mercredi 13 juin 2018 : une grande rencontre-débat à l’Athénée municipal de Bordeaux est programmée !

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Rencontre Nouvelle Donne Gironde

Nous invitons les adhérents et sympathisants à participer à la :

Rencontre Nouvelle Donne Gironde

samedi 10 mars 2018
de 14h00 à 17h00

Salle Robespierre
41 rue Dourout, Talence
(plan)

Ordre du jour :

  • le point sur la campagne Climat 2020 en Gironde (Nouvelle Donne y participe activement auprès de plein d’autres associations) ;
  • atelier de réflexion sur la réforme du bac et de l’enseignement supérieur par le gouvernement à partir de textes produits par Maylis (Nouvelle Donne Campus) ;
  • questions diverses.

Venez nombreux !

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Thomas Pesquet : reconditionnement d’un héros positif

Thomas Pesquet a voyagé dans l’espace, on a vu les photos en parcourant Paris Match chez le dentiste, et on pouvait rêver : ce jeune homme bien sous tout rapport, qui a forcément dû méditer sur le monde depuis son vaisseau, a-t-il trouvé terribles et dérisoires les querelles humaines depuis l’immensité galactique, et dès son retour quel sera le message de ce héros des étoiles ?

Les partis politiques en France ont perdu parce leurs slogans et leurs programmes ne sont plus crédibles pour les jeunes générations, ce qui a été confirmé lors des récentes élections en 2017. Suite à ce rejet, la voie est libre pour toutes les manipulations, tous les mensonges de certains pour s’emparer du pouvoir. Que faire ? Nouvelle Donne a un bon message, et avec notamment le partage du temps de travail, le défi du réchauffement climatique, la citoyenneté, notre parti propose une offre politique raisonnable sur ces thèmes plus que jamais d’actualité. Est-ce suffisant pour se faire entendre à l’heure de la téléréalité que regardent les ados dès qu’ils rentrent du collège, à l’époque des chaines d’info en continu avec leur recherche du buzz permanent ?

(suite…)

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Nouvelle Donne soutient le Collectif Climat 2020 !

Comme le Collectif Roosevelt, l’Association des Maires ruraux de France, Électriciens sans Frontières, Alternatiba, l’ADEME, France Nature Environnement, Enercoop, et beaucoup d’autres collectifs et associations, mais aussi des milliers de signataires (dont des signatures prestigieuses et variées comme celles de Michel Serres, Edgar Morin, Manuel Carmena (maire de Madrid), Anne Hidalgo, James Galbraith, Coline Serreau, Cyril Dion, Fred Vargas, Jean-Louis Etienne et tant d’autres…), Nouvelle Donne soutient l’appel européen lancé par le collectif Climat 2020 et vous invite à signer et diffuser cet appel autour de vous.

Depuis sa création, Nouvelle Donne considère que les crises économique, sociale, politique et environnementale sont profondément liées entre elles. Dans notre Charte éthique, nous soutenons par exemple que « la croissance matérielle infinie n’est ni possible ni souhaitable ; que le respect des écosystèmes et du vivant, la protection de la biodiversité et la lutte contre le dérèglement climatique s’imposent à tous. »

C’est donc en toute logique que, conformément à sa feuille de route, le bureau national a entamé fin 2017 une action en faveur d’une lutte européenne contre le réchauffement climatique, en soutenant le collectif Climat 2020. Le comité local de Nouvelle Donne Gironde s’y associe pleinement et appelle tous les adhérents et les sympathisants à signer l’appel du collectif Climat 2020, en cliquant sur ce lien et à aider à la diffusion de cette campagne.

L’appel s’appuie notamment sur les analyses de Jean Jouzel et Pierre Larrouturou, qui sont développées dans le livre Pour sortir du chaos climatique et financier.

2018 sera l’occasion de multiplier localement les actions en ce sens : un groupe local Climat 2020 va être créé en Gironde (comme partout en France). Pensez à vous inscrire sur ce lien pour y participer.

Vous pouvez également faire un don au collectif Climat 2020 sur ce lien.

Et vous pouvez diffuser le lien du site, de la page Facebook et suivre le compte Twitter du collectif Climat 2020.

Pour vous tenir au courant, vous pouvez aussi vous inscrire à la lettre d’infos du comité ND Gironde, via ce site ! C’est en bas à gauche sur la page d’accueil du site.

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Trois questions à Michèle Leclerc-Olive

Michèle Leclerc-Olive, sociologue,  est chargée de recherche au CNRS et à l’EHESS (plus de détail ici). Dans un ouvrage qu’elle a dirigé et qui a été publié en 2017, elle nous permet de découvrir par quels phénomènes se traduisent les prédations foncières, notamment dans le domaine minier. Cette question ne peut qu’interpeler les adhérents de Nouvelle Donne, dont la charte éthique rappelle dans son deuxième point : « Une trop grande disparité dans la répartition des richesses et des pouvoirs est génératrice de violence. »

Michèle Leclerc-Olive a accepté de se prêter au jeu des « Trois questions ».


1) Quelle définition donnez-vous à la notion de « prédations foncières » dans le cadre de vos travaux ?

Cette expression veut englober les accaparements de terre et les prédations minières, thèmes qui sont habituellement traités par des communautés disciplinaires différentes. De fait, lors de l’installation d’une exploitation minière, le mode de vie et l’usage de la terre par les populations locales s’en trouvent profondément modifiés : le village est déplacé, les paysans perdent leurs terres cultivables, l’eau est capturée, polluée, etc. Les conséquences sont diverses et elles ne sont même pas, contrairement aux prescriptions des codes miniers, intégralement réparées après le départ de la société minière (qui vient extraire, rappelons-le, des ressources non renouvelables). Proposer cette expression, c’est suggérer que le rapprochement de ces deux types de pratiques les éclaire réciproquement. C’est au fond une invitation à déplacer le regard et à essayer de voir le phénomène du point de vue des populations directement concernées par les activités économiques des sociétés multinationales.

D’ailleurs, nous ne l’avons pas fait, mais il serait tout aussi fécond d’examiner les pêches pratiquées par des bateaux-usines étrangers dans les eaux territoriales d’un pays sous cet angle des « prédations » d’un bien public.

(suite…)

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Vers une Europe des États plurinationaux ?

En novembre 2017, Anne Poulain Romanet, adhérente de Nouvelle Donne en Gironde, donne son point de vue sur les événements qui ont enflammé la Catalogne cet automne. Vous trouverez deux autres points de vue ici et ici.

Mais qui sont vraiment les indépendantistes catalans ?

Je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir un a priori de sympathie à l’égard des indépendantistes catalans, comme une solidarité avec tous ceux qui luttent pour un mieux vivre ensemble, une société plus fraternelle, plus unie et plus juste. Sympathie et solidarité bien sûr, également, avec ceux qui dénoncent l’autoritarisme et l’orientation néolibérale des gouvernements européens.

L’identité catalane est forte et constitue un ciment puissant entre les individus. Le peuple catalan existe. Mais que signifie aujourd’hui « un peuple », à l’intérieur d’une nation moderne, quels sont ses droits et ses devoirs ?

Lorsque les catalans ont été appelés à voter, j’ai pensé que le résultat du vote ne serait en aucun cas opposable, suffisant pour une déclaration d’indépendance. Les conditions d’un vote démocratique n’étaient pas réunies. Il était, pour moi, un vote utile de protestation contre l’autoritarisme du gouvernement espagnol.

En effet, il ne faut pas oublier que le gouvernement espagnol a limité l’autonomie catalane, obtenue après la mort de Franco. Comme le rappelle Diem 25, « la Cour Constitutionnelle espagnole a annulé les politiques décidées par le Parlement Catalan, y compris : le revenu de base garanti, des mesures de réduction de la pauvreté, une taxe sur les déchets nucléaires, une autre sur les boissons sucrées, etc. Plus récemment, Madrid a imposé des restrictions drastiques au droit de la ville de Barcelone à utiliser son excédent budgétaire pour réaliser des projets sociaux et a interdit que des réfugiés soient logés dans des locaux que la ville avait construits à cet effet ».

A la suite de la déclaration d’indépendance du 27 octobre 2017, suspendue le 31 octobre par Madrid, la situation en Catalogne, en Espagne, et donc en Europe, est devenue grave et délicate. Suspension des institutions catalanes autonomes, destitution officielle de 150 personnes de leurs postes administratifs et institutionnels, destitution du président séparatiste Carles Puigdemont, dissolution du parlement régional catalan, emprisonnement de 9 ministres accusés de rébellion à la Constitution, fuite en Belgique de Puigdemont et de 4 conseillers, reprise en main par le gouvernement central, convocations d’élections régionales anticipées le 21 décembre : les événements effarants, souvent violents et disproportionnés semble-t-il, se succèdent.

Pablo Iglesias dit : « J’ai honte que l’on emprisonne des opposants dans mon pays. Nous ne voulons pas l’indépendance de la Catalogne, mais nous disons : liberté aux prisonniers politiques. »

(suite…)

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Catalogne indépendante, entre utopie et malaise

Le 9 Novembre 2017, Marc Beirnaert, adhérent de Nouvelle Donne en Gironde, donne son point de vue sur les événements qui ont enflammé la Catalogne cet automne. Vous trouverez deux autres points de vue ici et ici.

Depuis plus d’un mois, on entend parler des velléités d’indépendance de la Catalogne, et comme l’affaire a été largement commentée, je préfère relater une impression ressentie sur place fin septembre à Barcelone. Je préviens tout de suite ne pas avoir de position neutre, loin s’en faut, trouvant ce processus d’indépendance biaisé et manipulé par des forces contradictoires, et mon opinion en a été renforcée en voyant comment se comportait la population la veille du référendum du 1er Octobre 2017.

Nous étions à Barcelone, invités par une amie japonaise à participer à sa performance autour de la cérémonie traditionnelle du thé à l’espace Mies Van der Rohe à côté de la place d’Espagne. Le bâtiment aux lignes claires et sobres se prêtait parfaitement à une telle manifestation artistique, et tout se déroula bien, zen dirons-nous, dans l’après-midi, durant la première séance. Lors de la pause vers 18 heures, on vit arriver de l’autre côté de l’esplanade des camionnettes chargées de drapeaux, d’affiches, de hauts-parleurs, et en moins d’une heure se trouvèrent installés tous les composants pour un meeting de grande envergure. Curieux, je m’approchai d’une jeune militante enroulée dans un drapeau catalan pour lui demander des précisions. Elle me répondit en anglais qu’il s’agissait de la plus grande manifestation prévue en faveur du oui au référendum et que 80 % de la population catalane voulait l’indépendance.

La seconde cérémonie du thé de la journée reprit de manière plus compliquée à 21 heures, parce qu’une foule énorme de militants pour le oui à cinquante mètres de l’autre côté applaudissait bruyamment aux discours et aux chants catalans. On y conspuait en vrac et joyeusement l’État espagnol, responsable de tous les maux du pays, les flics aux ordres comme sous Franco, on y réclamait le droit à la liberté, avec des affiches représentant des bouches fermées pour exiger la démocratie, parfois des slogans d’une autre époque, comme ce No Pasaran tout droit issu de la guerre d’Espagne. Ces appels à l’insurrection par les urnes à l’aide de slogans guerriers d’une autre époque formaient en réalité une sorte de happening géant peu crédible politiquement, mais d’une très grande force, et peu à peu, au milieu de tous ces jeunes manifestants chaleureux, sympathiques, on se laissait porter par leur enthousiasme. Avec toutefois un malaise : qui les avait ainsi radicalisés ? où étaient leurs ennemis ? Qui les opprimait ? Depuis notre arrivée, il m’avait semblé être dans un pays libre, ouvert, agréable, l’un de ces endroits au monde qui font rêver. Que voulaient-ils qu’ils n’ont pas déjà ? L’enseignement à l’école se fait en catalan, c’est la langue officielle (bien qu’en réalité la plupart des Barcelonais s’expriment en castillan dans les rues sans trop l’avouer publiquement). La province est autonome pour la justice, la police, la santé, toutes les opinions politiques sont libres, autant dire qu’on est loin d’une dictature fasciste telle que l’avait connue le pays il y a quarante ans.

(suite…)

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Nous sommes jeunes militants à Nouvelle Donne et résolument européens… mais pourquoi ?

Les membres du groupe Nouvelle Donne Campus ont rédigé ce texte en août 2018.

Les principales instances de l’Union européenne se sont éloignées de ses habitants et sont devenues inefficaces face aux enjeux modernes tels que le dérèglement climatique, la crise humanitaire migratoire, la montée des inégalités… Elles sont dominées par le néo-libéralisme et la technocratie, cela n’a pas toujours été, et c’est réversible. Mais pour nous, l’existence de l’Union Européenne est une chance : la quitter serait une erreur ! Son modèle de coopération entre pays exprimé dans sa devise « Unie dans la diversité » est unique et se doit d’être préservé.

L’Union Européenne est récente. Elle a permis la coopération après la destruction menée par les deux guerres mondiales. Les plus jeunes d’entre nous ont ainsi pu grandir dans la paix et la prospérité. Depuis presque 70 ans, le continent européen est devenu un espace de paix ! Nous avons connu l’abondance, l’ouverture aux pays voisins, alors qu’il y a moins d’un siècle, nos pays se déchiraient. L’aventure de la construction européenne a pu commencer grâce à un mélange de courage politique et d’inventions institutionnelles : il est plus que jamais nécessaire de les retrouver. À Nouvelle Donne, nous considérons que l’Union Européenne doit être non pas un carcan dans lequel nous serait imposé le néo-libéralisme, mais un espace de créativité pour sortir des crises économiques, sociales, environnementales.

Nous, jeunes générations, avons eu de la chance mais cela peut ne pas durer.

Le XXE siècle fut le siècle des guerres et de l’horreur humaine, le XXIE siècle peut être tout aussi inhumain car, avec le dérèglement climatique, c’est toute notre société qui risque de disparaître, et nous avec… La mondialisation et la puissance de la finance sont tout aussi dangereuses : elles alimentent la crise climatique, détruisent la solidarité, au profit de la concurrence et de la prédation. La logique du profit économique et financier ne peut plus dicter les décisions politiques !

Tout cela ne résulte que des choix pris par nos élus, ceux que nous avons choisis et que maintenant nous subissons. Alors, nous, à Nouvelle Donne, nous ne souhaitons pas rester spectateurs de ce naufrage. Une vraie majorité progressiste, humaniste et solidaire doit émerger sur notre continent. Ne laissons pas la place aux néo-nationalismes qui se nourrissent des peurs et des inactions.

Nous voulons une autre Europe, plus solidaire, plus fraternelle et réellement démocratique ; une Europe porteuse d’espoir pour les peuples. Quitter l’UE serait une erreur, et se désintéresser de la prochaine élection une erreur plus grande encore, alors que le parlement européen est la seule instance de l’UE dont les membres sont élus au suffrage universel direct, et dont le rôle s’est accru ces dernières années.

Nous ne sommes ni utopistes ni idéalistes, mais résolument réalistes.

Réalistes car l’Union Européenne est pour nous la bonne échelle afin d’agir collectivement et rapidement :

  • pour lutter contre les inégalités à l’échelle du continent (dumping social…) ;
  • pour lutter efficacement et sur le long terme contre le dérèglement climatique et les problèmes environnementaux, en particulier grâce au Pacte Finance-Climat, montrant ainsi qu’un modèle européen peut fonctionner et servir d’exemple au reste du monde ;
  • pour apporter une réponse humaine et fraternelle aux migrants ;
  • pour mettre en avant nos valeurs sociales et démocratiques face au reste du monde et face à la mondialisation.

Pour nous, pour demain : en 2019, sur l’Europe, reprenons la main !

Contacts : campus[at]nouvelledonne.fr / Facebook : Nouvelle Donne Campus / Twitter : @ND_Campus

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Les USA sortent de l’accord de Vienne

La sortie des USA de l’accord de Vienne : une bombe économique et politique

La sortie des USA de l’accord international portant sur l’engagement de l’Iran à ne pas chercher à se doter de l’arme nucléaire nous concerne tous, citoyens du monde, citoyens européens, citoyens français. Elle révèle, entre autres, les failles de l’unité politique de l’Europe, l’emprise des USA sur l’économie mondiale et l’extrême fragilité de la paix dans le monde.

Le 8 mai 2018, Trump déclare, comme annoncé lors de sa campagne électorale, que les USA se retirent de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien et qu’il rétablira dans les trois à six mois les sanctions économiques les plus dures vis-à-vis de ce pays. L’accord avait pourtant nécessité quinze ans de négociation avant d’être signé, en 2015, pour dix ans, par les cinq membres permanents du conseil de sécurité des Nations Unies (USA, France, Chine, Russie, Grande Bretagne) et par l’Allemagne.
L’accord a ses soutiens, mais aussi ses détracteurs comme Trump et ses amis, dont les faucons Pompeo et Bolton à qui il a confié les postes les plus élevés de l’État fédéral. Trump l’a dit et redit : cet accord est « pourri », « beaucoup trop favorable aux Iraniens » et « n’empêche pas qu’ils se dotent de l’arme nucléaire ». Outre son idée fixe, sa réélection de mi-mandat en novembre, il a également celle de provoquer un changement de régime en Iran, sans doute au nom de la démocratie… Il se dit prêt à signer un autre accord, mais à ses propres conditions.

Pourtant l’ Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) a validé les  engagements iraniens en 2017. Elle a réalisé, conformément à un protocole additionnel à l’accord ratifié par l’Iran, des « inspections intrusives » qui ont fait l’objet de conclusions positives.

(suite…)

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Quand la prison rêvée tourne au cauchemar

Quelques chiffres et quelques constats en France

Tableau comparatif prisons françaises / prisons suédoises

La surpopulation carcérale…

En France, si on règle le problème de la surpopulation, on règle les ¾ du problème. Il faut donc que les magistrats arrêtent d’envoyer en prison. Pour cela, il y a des alternatives : sursis avec mise à l’épreuve, TIG… En particulier, il faut arrêter d’envoyer en prison les très courtes peines, les délits au code de la route, les malades mentaux (la contrôleuse des lieux de privation de la liberté).

…et ses conséquences : le personnel, en sous-effectif et trop souvent non ou insuffisamment formé, est en souffrance.

De fréquents mouvements de grève dans la fonction pénitentiaire permettent aux citoyens d’en savoir plus sur le malaise et les conditions de travail du personnel. Les agents demandent plus de sécurité, plus de moyens. Les conditions de travail ne cessent de se dégrader. « On ne sait pas où sont les détenus (qui peuvent sortir de leur cellule) et il y a des endroits non surveillés ».
Les surveillants n’ont qu’un sifflet pour se défendre ! Ils demandent des tenues pare-coups, des pistolets à impulsions électriques, des passe-menottes, des équipes cynotechniques plus nombreuses, des équipements adaptés pour les transferts des prisonniers… Ils demandent que les établissements soient classifiés en fonction des détenus accueillis.
Les postes sont aujourd’hui tellement difficiles à occuper, tellement dégradés que la seule création n’est pas suffisante : il faut une véritable formation – alors que les agents embauchés ont une qualification de plus en plus basse !) – , que les statuts et les salaires soient revalorisés.

Vétusté – délabrement – manque d’hygiène

Des établissements sont vétustes, délabrés. 1570 personnes dorment sur un matelas au sol. Pour maintenir le parc actuel en l’état, il faudrait 130 millions d’euros par an ; les crédits prévus en 2018 sont de 80 millions… Le privé gère de plus en plus de prisons ou de services dans les prisons (linge, repas…).

Prévisions suite au « plan prison » présenté par Macron le 6 mars :
La priorité numéro 1 : lutter contre la surpopulation et rendre les peines applicables
  • abandon de la préférence carcérale pour les petites peines jusqu’à 6 mois
  • des mesures alternatives à l’incarcération : le bracelet électronique (il coûte 11 euros par jour à la société contre 100 euros pour la prison), les travaux d’intérêt général, des peines forfaitisées, des contraventions, l’éloignement…
  • création de 1500 postes d’agents d’insertion et de probation
  • création de 7000 places de prison sur le quinquennat
  • droit de vote aux prisonniers

Que dit Nouvelle Donne ?

HUMANISER LA POLITIQUE PÉNITENTIAIRE
  • orienter la politique pénitentiaire vers la réinsertion tout au long de la peine et rechercher des alternatives à l’enfermement ;
  • définir une stratégie nationale et européenne contre le terrorisme qui intégrera la prévention, la détection et la réaction rapide ;
  • demander à nos partenaires européens le renforcement d’Europol et d’Eurojust et la création d’un corps de garde-frontières et de garde-côtes européens.

Relire : Pour mieux comprendre la crise des prisons
dans la NASA du 7 février 2018

Anne Poulain Romanet

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Le modèle scandinave : la prison rêvée ?

Les pays scandinaves ferment leurs établissements pénitentiaires, et il ne semble pas y avoir chez eux d’explosion de la criminalité ni de la délinquance. Est-ce que leurs citoyens y seraient plus vertueux que dans le reste du monde ? Pour la majorité de leur population sans doute : bien éduqués, peu de chômage, une excellente protection sociale, autant d’atouts pour mener une vie décente loin d’une cellule. Mais comment font-ils avec les voleurs, trafiquants, meurtriers, et autres inévitables réfractaires au bonheur social proposé ? Une seule explication : ces États ont payé suffisamment de professionnels de la délinquance pour étudier à fond le problème, fait – depuis longtemps à présent – un état des lieux de leurs détenus, puis lancé des programmes de prise en charge dans chaque prison pour éviter la récidive. En clair, ils ont osé regarder la réalité en face à tous les niveaux, étudié le coût social induit, entre le choix d’une prévention efficace et celui d’une politique carcérale de l’autruche telle que nous la pratiquons en France.

En effet, à l’opposé, les prisons françaises sont surpeuplées, mal entretenues, pleines de petits délinquants qui en sortent braqueurs de banque ou autre chose, prêts dans tous les cas à récidiver faute d’avoir pu bénéficier lors de leur passage de cette fameuse seconde chance dont les médias nous rebattent pourtant les oreilles dès que le sujet est d’actualité. Le budget alloué à la justice est insuffisant et le restera pour trente-six bonnes raisons, dont la première sera de laisser croire aux citoyens que la prison, dans tous les cas « c’est pour les autres, ces moins-que-rien qui ne méritent même pas leur séjour dans l’un de ces établissements trois-étoiles avec télés mises gratuitement à leur disposition ». Et peu de personnes politiques ont envie de s’occuper d’un tel sujet, où il y a plus de coups à prendre que d’électeurs à gagner.

Revenons à nos Scandinaves : et si la fermeture des prisons révélait autre chose chez eux ? Est-il souhaitable de s’occuper à ce point des gens, de les contrôler entièrement de la naissance à la mort ? Parce qu’au bout du compte, ne sommes-nous pas en ce cas dans l’aboutissement du système policier et carcéral rêvé, planifié, dans une prison plus mentale que physique, avec des barreaux dans la tête, à ciel ouvert, et de laquelle il est inutile de s’échapper puisqu’on s’y trouve dès la naissance ? J’ai bien connu la Suède à la fin des années 70 (excepté l’arrivée des migrants, ça doit être à peu près pareil aujourd’hui) : paysages magnifiques, petites villes propres partout, peu de pauvres, un modèle social envié, mais avec une population sous surveillance permanente, et ça se voyait. Flicage complet de la naissance à la mort, destiné selon la police et les services sociaux à contrôler le bien-être des citoyens. Ayant eu l’occasion de me lier d’amitié avec certains habitants, ces derniers m’ont parfois raconté leurs courts séjours en prison, qui pour une conduite en état d’ivresse, qui pour avoir fumé le joint de trop, ou bien c’était le père qui n’avait pas réglé à temps la pension alimentaire suite à son divorce, etc. Clairement, de tout petits délinquants. La Suède s’occupait un peu trop bien de ses citoyens, lesquels du coup n’étaient pas très heureux.

Qui a écrit qu’un état policier bien rodé n’a plus besoin de police ? William Burroughs, auteur sulfureux très lucide, suite à un séjour déprimant à Malmö.

Marc Beirnaert

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La réforme de la Constitution ou l’éloignement de la VIe République

La réforme de la Constitution : véritable avancée
pour la démocratie et la protection de
l’environnement
ou renforcement des pouvoirs présidentiels
et du monde économique ?

Le projet de réforme de la Constitution a été proposé en Conseil des ministres le 9 mai 2018. Pendant la campagne pour l’élection présidentielle de 2017, plusieurs candidats proposaient une révision de la Constitution, jusqu’ à envisager une VIe République. Le programme du candidat Macron annonçait un renouveau démocratique avec une réforme des institutions. Élu Président de la République, il a annoncé, devant le Congrès réuni en juillet 2017, sa volonté d’améliorer le travail législatif. Ces améliorations demandent de nouvelles règles de fonctionnement, ce qui nécessite une révision de la Constitution. Ce sera la 24ème révision depuis 1958, la dernière révision datant de 2008.

La révision de la Constitution est prévue par l’article 89 de la Constitution, modifié par la LOI CONSTITUTIONNELLE n°2008-724 du 23 juillet – art 45. L’initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment au Président de la République, sur proposition du Premier ministre et aux membres du Parlement. Le projet de révision doit être examiné dans les conditions de délai fixées au troisième alinéa de l’article 42 et voté par les deux assemblées en termes identiques. La révision est définitive après avoir été approuvée par référendum. Toutefois, le projet de révision n’est pas présenté au référendum lorsque le Président de la République décide de le soumettre au Parlement convoqué en Congrès ; dans ce cas, le projet de révision n’est approuvé que s’il réunit la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés. Le bureau du Congrès est celui de l’Assemblée nationale. Aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu’il est porté atteinte à l’intégrité du territoire. La forme républicaine du Gouvernement ne peut faire l’objet d’une révision.

Dans un premier temps, la Loi de Moralisation de la vie politique, votée en juillet 2017, a déterminé de nouvelles obligations pour les élu·e·s. Un deuxième temps s’amorce avec l’annonce de la réforme de la Constitution. Les premières modifications devraient porter sur :

  • la réduction du nombre de parlementaires dans chaque chambre, en « veillant à la représentation de tous les territoires de la République » ;
  • l’introduction d’une dose de proportionnelle aux élections législatives (15 %) ;
  • la réduction d’un tiers des membres du CESE ;
  • la suppression de la Cour de justice de la République ;
  • l’accélération du travail parlementaire pour l’examen des projets de loi (moins
    de navettes Assemblée Nationale – Sénat, ordre du jour établi par le
    gouvernement, restriction pour le dépôt d’amendements ).

L’opposition se prononce plutôt contre ces grandes lignes :

  • les Républicains ne veulent pas de proportionnelle lors des scrutins législatifs et dénoncent la main mise du gouvernement sur le parlement ;
  • le Président du Sénat pronostique également la fin de l’équilibre entre les deux
    chambres parlementaires, la fin du travail parlementaire avec, comme conséquence, un renforcement des pouvoirs présidentiels ;
  • le PCF dénonce la neutralisation de la capacité d’action du parlement et la
    réduction du pouvoir législatif ;
  • la France insoumise dénonce : « Cette réforme est un énième rafistolage d’une
    constitution archaïque et autoritaire, qui cherche à renforcer encore la monarchie présidentielle » (Bastien Lachaud, député de Seine-Saint-Denis) ;
  • le Modem, favorable à l’introduction de la proportionnelle, souhaite un taux de 25 %.

Le programme de Nouvelle Donne propose une profonde refonte des institutions  :

  • non cumul des mandats ;
  • subordonner l’éligibilité des élus à la présentation d’un casier judiciaire vierge ;
  • supprimer les réserves parlementaires ;
  • réduire le nombre de députés et de sénateurs ;
  • plafonner les pensions de retraite des élus ;
  • exiger la transparence du lobbying auprès des élus ;
  • assurer l’indépendance de la justice ;
  • procéder à une réforme du Conseil Constitutionnel ;
  • réformer le Conseil Supérieur de la magistrature ;
  • renforcer la protection des lanceurs d’alerte ;
  • convoquer, en début de quinquennat, une Assemblée constituante ayant mandat d’élaborer le texte fondamental d’une nouvelle constitution. Cette Assemblée constituante pourrait être appelée à réfléchir sur les propositions suivantes : permettre la loi d’Initiative Citoyenne  ; réformer le sénat ;proposer que le vote blanc invalide une élection à partir d’un seuil à déterminer ; abolir l’article 49-3 de la Constitution actuelle ; créer un statut de l’élu permettant à tout citoyen d’exercer
    des fonctions électives.

La réforme de la Constitution pourrait inclure une disposition sur le climat.

Au-delà des grandes directives annoncées depuis plusieurs semaines, la réforme devrait intégrer également dans la Constitution d’autres éléments qui n’étaient pas prévus à l’origine : un article spécifique sur la Corse pour prendre en compte les demandes des autonomistes et l’inscription de la lutte contre le réchauffement climatique.

La France serait ainsi le premier pays du G20 à inscrire cet objectif dans sa règle suprême et se positionnerait pour jouer un rôle moteur dans la défense de l’environnement.

Des associations, des députés militent pour que l’inscription ait lieu dès l’article 1 de la Constitution où sont évoquées la République laïque, l’égalité devant la loi. Une formulation a été proposée : « La République concourt à la lutte contre le changement climatique et à la préservation de la biodiversité. »

L’inscription de la défense de l’environnement comme priorité de la République reconnaitrait la lutte contre les changements climatiques comme enjeu prioritaire et vital. Cet enjeu est un pilier du programme de Nouvelle Donne.

Françoise, avec la contribution d’Anne

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La « Grande Muraille Verte » : solution d’avenir ou miroir aux alouettes ?

Une barrière verte à l’épreuve des hommes et du climat

L’Union Africaine, soutenue par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement et l’Union Européenne, a lancé un projet transfrontalier dès 2007 pour lutter contre le réchauffement climatique et la désertification au Sahel, intitulé : « la Grande Muraille Verte ». Cette initiative réunit plus de 20 pays de la région sahélo-saharienne et reçoit le soutien de nombreuses organisations régionales et internationales. Il s’agit de créer en une décennie (horizon 2025) une ceinture végétale de 7500 Km sur 15 Km de large, allant de Dakar à Djibouti, en plantant des arbres pour régénérer les sols, et susciter ainsi des activités pastorales et agricoles qui transformeront le quotidien de milliers de personnes. Le projet ambitionne d’absorber 250 millions de tonnes de CO2/an, de créer 350 000 emplois, ainsi que de permettre l’auto-suffisance alimentaire pour 20 millions de personnes. Le Sénégal a déjà obtenu des résultats positifs par la plantation d’environ 2 millions d’acacias par an : retour des oiseaux, apparition de nouvelles plantes, création de jardins maraîchers.

Confronté à de nombreuses critiques (« trop coûteux, trop idéaliste »), le projet « Grande Muraille Verte » reçoit quand même le soutien de l’UE qui estime que l’initiative s’attaque aux problèmes de fond de cette partie du monde : dettes, pauvreté, régimes dictatoriaux, corruption, conflits, terrorisme, réchauffement climatique, expansion démographique, migrations internes et externes. Ce projet colossal est également révélateur du potentiel des initiatives locales de la société civile africaine pour construire son avenir dans une perspective de développement durable.

Nouvelle Donne soutient les propositions visant à aider les pays africains à développer leurs nombreux atouts en toute autonomie et au bénéfice des populations : ressources naturelles, ingénierie agricole, richesses culturelles, éco-tourisme, économie sociale et solidaire…

Mais qu’en sera-t-il sur le terrain ?

A travers ce projet emblématique, on peut en ce sens s’interroger sur la priorité des objectifs visés par les responsables des États engagés et l’UE : barrière verte contre le réchauffement climatique, ou simple marketing vert contre la migration aujourd’hui incontrôlable vers la riche Europe ?

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C politique : La Belle et le Sauvage

L’espace de la télé, en principe sous contrôle total, nous réserve des surprises quand il craque lors d’un direct. Karim Rissouli y avait-il pensé ce froid dimanche 21 Janvier en présentant les intervenants de son émission « C politique » sur France 5 ? Il règne une ambiance particulière sur ce plateau, à la fois polie, sérieuse et pertinente, qui est depuis sa création la clé de son succès d’audience. On y voit des gens civilisés, éduqués et parés à tout, débattre avec intelligence grâce à leur solide connaissance des codes de la profession. La décision avait été prise par le gouvernement de mettre un terme au projet d’aéroport à Notre Dame des Landes et par conséquence en finir avec la ZAD. Les chroniqueurs autour de la table préparent gentiment leurs dossiers et leurs questions à ce propos, quand apparaissent à l’écran les deux invités. Un choc.

D’un côté, une jeune femme brune aux longs cheveux, souriante et posée, habillée avec la classe naturelle de celles dont le choix des vêtements et le chic de l’ensemble soulignent le plus simplement possible leur position sociale. Elle s’appelle Brune Poirson, et Macron l’a faite princesse au ministère de l’écologie, tremplin évident vers un poste plus important à en croire sa courte bio de jeune femme bien sous tous rapports, qui a été l’élue surprise de la région PACA suite au renoncement de Marion Maréchal Le Pen dans la même circonscription. Âgée de 31 ans, la jolie Brune a déjà travaillé aux lointaines Amériques et en Inde où elle s’occupait d’eau potable, d’où son poste au ministère de l’écologie.

Fort différent est son interlocuteur : un grand aux cheveux longs et à la barbe en épi ayant bénéficié d’un rasage sommaire juste avant de passer à l’antenne, les yeux perdus au loin, vêtements hippies et probables odeur de fromage de chèvre dans le studio, comme s’il n’était pas encore sorti des sentiers boueux de la ZAD, l’air décalé, et pour résumer pas du tout à sa place. Encore moins quand il décline son identité : « appelez-moi Neuf-Neuf, c’est mon pseudo zadiste ». Pourquoi pas Neu-Neu ? ont dû penser nombre de téléspectateurs, vu son air con à première vue.

Les questions se mirent à fuser : Karim, Brune, Camille, Neuf-Neuf, Thomas, aller-retours sur la décroissance, la société libérale, une évacuation douce ou brutale, etc. Intéressantes problématiques, certes, mais toutes connues et commentées ailleurs depuis trop longtemps pour nous retenir une fois de plus. En principe, tout le monde aurait dû zapper. Mais il se passa quelque chose, une sorte d’échange dans l’échange, sans paroles, entre la jeune ministre et le zadiste qui tous deux crevaient l’écran. Tandis qu’elle s’adressait à lui avec l’aisance de sa position sociale pour évoquer les bienfaits des décisions macroniennes sur le sujet, Neuf-Neuf répondit sur autre chose, peu importe, en articulant lentement, comme si le séjour prolongé dans l’utopie de la ZAD avait altéré son élocution. Mais en fait, sans qu’on puisse l’entendre, avec les yeux, il lui tint à peu près ce langage :  » Viens ma belle, allons dans mes bois contestataires qui, je le sais, vont accueillir nos étreintes, nos vies auront un sens loin de cette émission, laissons tous ces gens discuter des bêtises humaines entre eux « . Le studio parut se dissoudre, les chroniqueurs à l’arrêt, suspendus sur leurs sièges hauts. La belle brune se fit dévorer en direct par l’insolite bête décivilisée, elle devint la lady Chatterley d’un amant découvert presque trop tard, durant cette traversée de l’espace télévisuel pour elle, et celui de la contestation champêtre pour lui, Neuf-Neuf, l’impossible bûcheron qui campe depuis des années sur la piste d’un aéroport qui ne se fera pas, et qui est finalement venu s’emparer de sa belle inattendue en direct à la télé.

Ce fut intense, et sans doute la chose la plus vraie sur un écran depuis fort longtemps, parce qu’on pouvait aussi bien ne rien voir de tout ça. La télé avait réussi cette unique fois l’impossible capture de l’imaginaire en direct. Puis le débat prit fin comme il avait commencé, poliment, et les choses se rangèrent à leur place sur les étagères de l’audiovisuel. On peut se demander si tout cela ne fut pas une simple illusion, et d’ailleurs il est probable que ces deux êtres que tout sépare dans la société ne se rencontreront plus jamais dans tous les cas.

Marc Beirnaert

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