Réduire le temps de travail : la clé de l’épanouissement des Français ?

Jeremy Jeanningros

En octobre 2017, Jeremy Jeanningros, étudiant en journalisme à l’IEP de Bordeaux, a contacté Nouvelle Donne Gironde pour connaître nos idées au sujet de la réduction du temps de travail. Sujet de prédilection s’il en est des adhérents de Nouvelle Donne, puisque cette idée est au coeur de nos propositions dans la lutte contre le chômage de masse. Nous reproduisons ci-dessous le texte qu’il a rédigé, avec son accord. Le lecteur qui voudra approfondir la question pourra lire les articles que nous avons consacrés à ce sujet ici, ici ou bien ici, ou encore trouver les arguments les plus pointus dans le livre de Dominique Méda et Pierre Larrouturou, Einstein avait raison. Vous pouvez aussi voir l’audition de Pierre Larrouturou à l’Assemblée Nationale en octobre 2014 : ici


Face au nombre élevé de burn-out et à la persistance du chômage de masse, chiffré à 6 635 500 pour le mois de septembre 2017, la réduction du temps de travail apparaît toujours comme une solution pour améliorer le moral des Français.

Au cours de leur carrière, 36 % des Français ont connu un burn-out, d’après une enquête de la CFDT « Parlons travail » en mars 2017. Dans le même temps, le chômage peine à se résorber, en baisse de 1,8 % en septembre. À l’heure où le gouvernement réforme le code du travail vers plus de flexibilité, il est légitime de se demander si une meilleure répartition du temps de travail entre les salariés ne serait pas préférable.

Le temps de travail hebdomadaire moyen s’établit depuis plusieurs années autour de 39h, selon l’Insee. « Si les parts du gâteau sont davantage partagées, en ramenant le temps de travail légal à 32h, par exemple, cela libère des heures de travail pour d’autres » explique Jean-Claude, militant à la CGT de Gironde.

Par ailleurs, la baisse du temps de travail légal ne génère pas nécessairement une baisse de pouvoir d’achat. « Si le travail est mieux partagé et le chômage de masse endigué, les salariés pourront peser davantage dans le rapport de force salariat-patronat pour négocier les salaires à la hausse », ajoute Cyril Mouquet, candidat Nouvelle Donne aux élections législatives à Bordeaux.

Si les liens de causalité entre réduction du temps de travail et chômage sont encore flous, l’impact de cette mesure sur l’épanouissement au travail ne serait pas négligeable. Le constat est alarmant : selon un sondage IFOP datant d’avril 2016, seuls 30 % des Français estimaient que le travail était un moyen d’épanouissement personnel.  Or, pour Jean-Claude, « un salarié heureux au travail est plus productif ». Cyril Mouquet (Nouvelle Donne), partisan de la semaine de 4 jours, estime que ce dispositif innovant offrirait « une journée supplémentaire pour se consacrer à des activités associatives et culturelles, et réaliser pleinement son rôle de citoyen, à savoir s’investir dans la vie politique ».

Pour remédier au burn-out, la question de la reconnaissance du droit au repos apparaît essentielle.

Gilles Auzéro, juriste de l’université de Bordeaux et membre du « Groupe de recherche pour un autre code du travail » (GR-Pact) souligne que « le droit au repos va devenir un droit fondamental, mais il n’est pas suffisamment encadré par le droit du travail. » Le 18 octobre 2017, à l’occasion de son discours devant les forces de l’ordre à l’Elysée, Emmanuel Macron annonçait, par exemple, qu’il allait réduire le temps de repos des gendarmes. Et ce, malgré la directive européenne de 2003 imposant un repos légal de onze heures entre deux journées de travail.

Jeremy Jeanningros, étudiant en journalisme à l’IEP de Bordeaux

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